La capsulite rétractile : comprendre et accompagner cette pathologie de l’épaule
La capsulite rétractile (« épaule gelée ») provoque douleurs et raideur progressive de l’épaule sur plusieurs mois. Elle évolue en trois phases, avec un rôle clé de la kinésithérapie lors de la phase de raideur. La capsulodistension, surtout en phase inflammatoire et associée à une mobilisation immédiate, peut réduire la douleur et améliorer la mobilité. Une prise en charge progressive et éducative favorise la récupération fonctionnelle.

Kinésithérapeute D.E.
La capsulite rétractile, aussi appelée « épaule gelée », est une pathologie de l’épaule responsable de douleurs et d’une raideur progressive. Elle peut impacter fortement les gestes du quotidien et la qualité de vie. Bien que son évolution soit souvent longue, une prise en charge adaptée permet de limiter les symptômes, d’accompagner la récupération et de rassurer le patient tout au long du processus.
Qu’est-ce que la capsulite rétractile ?
La capsulite rétractile correspond à une inflammation puis un épaississement de la capsule articulaire de l’épaule. Cette capsule devient progressivement moins extensible, entraînant :
• une diminution globale des amplitudes de mouvement ;
• des douleurs, souvent diffuses et parfois nocturnes ;
• une difficulté à réaliser les gestes du quotidien (s’habiller, se coiffer, atteindre un objet).
Contrairement à d’autres pathologies de l’épaule, la perte de mobilité concerne tous les mouvements, actifs comme passifs.
Quelques éléments d’épidémiologie
La capsulite rétractile touche environ 2 à 5 % de la population générale. Elle est plus fréquente :
• chez les personnes âgées de 40 à 65 ans ;
• chez les femmes ;
• chez les patients présentant certaines pathologies associées, notamment le diabète ou des troubles thyroïdiens.
Son évolution est le plus souvent spontanément favorable, mais peut s’étendre sur 12 à 24 mois, voire davantage selon les cas.
Les différentes phases de la capsulite
La capsulite rétractile évolue classiquement en trois phases, dont la durée et l’intensité peuvent varier d’un patient à l’autre.
Phase douloureuse (ou inflammatoire)
• douleurs diffuses, parfois intenses ;
• gêne nocturne fréquente ;
• début de la perte de mobilité.
Durant cette phase, l’objectif principal est la gestion de la douleur. La rééducation kinésithérapique est généralement limitée et prudente.
Phase de raideur
• diminution marquée des amplitudes de l’épaule ;
• douleurs souvent moins intenses ;
• retentissement fonctionnel important.
C’est à partir de cette phase que le rôle du kinésithérapeute devient central, avec un travail progressif et ciblé sur la récupération de la mobilité et la fonction de l’épaule.
Phase de récupération
• amélioration progressive des amplitudes ;
• diminution des douleurs ;
• reprise progressive des activités quotidiennes et sportives.
La capsulodistension : une option thérapeutique utile en phase inflammatoire
La capsulodistension est un geste médical consistant à injecter un liquide (souvent associé à un corticoïde) à l’intérieur de l’articulation de l’épaule afin de distendre la capsule articulaire. Elle est particulièrement utile en phase inflammatoire, lorsque la douleur est prédominante et que la mobilité est fortement limitée.
Cette technique permet :
• une diminution rapide des douleurs ;
• une amélioration significative de la mobilité ;
• de faciliter et d’optimiser la suite de la prise en charge rééducative.
Au Pôle Santé Sport Île Lacroix, la capsulodistension est réalisée en étroite coordination entre le rhumatologue et le kinésithérapeute.
Immédiatement après l’injection, un acte de mobilisation articulaire est réalisé par le kinésithérapeute, dans la continuité directe du geste médical. Cette mobilisation précoce permet de profiter de la distension capsulaire et de l’analgésie transitoire pour gagner rapidement et efficacement en amplitude articulaire, dans des conditions optimales de tolérance pour le patient.
Cette prise en charge coordonnée favorise une récupération plus rapide et une meilleure efficacité du traitement global.
Quelle place pour la kinésithérapie ?
La prise en charge kinésithérapique prend toute son importance à partir de la phase de raideur, lorsque la douleur devient plus tolérable et que la limitation de mobilité est au premier plan.
Les objectifs sont alors de :
• récupérer progressivement les amplitudes de l’épaule ;
• améliorer la fonction et l’autonomie ;
• accompagner la reprise des gestes du quotidien ;
• favoriser une récupération active et durable.
L’approche est toujours progressive, individualisée et respectueuse des capacités du patient, sans recherche de mise en contrainte excessive.
Une approche moderne et éducative
Les recommandations actuelles insistent sur l’importance de ne pas « forcer » l’épaule. La prise en charge repose sur :
• une information claire sur l’évolution naturelle de la capsulite ;
• des exercices adaptés à chaque phase ;
• une participation active du patient.
L’éducation thérapeutique permet de limiter l’anxiété, d’éviter les comportements d’évitement et de maintenir la confiance dans le mouvement.
Quand consulter un kinésithérapeute ?
Une consultation est indiquée dès le diagnostic posé, afin de :
• comprendre les différentes phases de la pathologie ;
• être guidé au bon moment dans la rééducation ;
• bénéficier d’un suivi adapté à l’évolution des symptômes.
Conclusion
La capsulite rétractile est une pathologie fréquente et souvent longue, mais dont l’évolution est généralement favorable. La coordination entre les différents acteurs de santé, notamment en phase inflammatoire avec la capsulodistension, puis l’intervention ciblée du kinésithérapeute à partir de la phase de raideur, permet d’optimiser la récupération.
Au Pôle Santé Sport Île Lacroix, les kinésithérapeutes travaillent en collaboration avec les médecins spécialistes pour proposer une prise en charge moderne, progressive et personnalisée des pathologies de l’épaule, fondée sur les données actuelles de la littérature scientifique.